La fatigue, cette rage endormie

« La dépression, le burn-out, la fatigue chronique sont des régulateurs sociaux pour éviter une mobilisation de la rage que les gens ont à l’intérieur. La rage n’a plus de statut aujourd’hui. On se fait plaquer, on n’a pas le droit d’être en rage. On se fait virer, on n’a pas le droit d’être en rage. On ne peut plus “être” en deuil, on doit “faire” son deuil. Du coup, la rage se retourne contre les gens, qui se retrouvent déprimés, et fatigués.
D’ailleurs, le meilleur moyen d’étouffer cette rage est de prescrire des médicaments. Le gros intérêt social est qu’au lieu d’entrer chez les Trotskystes ou autres, la personne n’est plus du tout dangereuse pour le pouvoir en place. La rage est transformée. On voit comment les glissements s’opèrent. Mais ce mécanisme a des limites que l’on voit être franchies aujourd’hui… »
Mon interview sur Les Jours.